Dominique de Villepin sommé de rallier un candidat non déclaré…

Nicolas Sarkozy n’est pas encore officiellement candidat à sa propre succession. Il entend ainsi montrer au peuple que pendant que certains s’amusent à organiser des primaires et se gargarisent de leur succès participatif ou de leur modernité démocratique, lui a les mains dans le cambouis et les pieds sur terre, concentrant toute son énergie à solutionner les vrais problèmes des vrais gens. Il se pose donc en rassembleur, en messie, en pompier, trônant au-dessus de tout et de tous, s’autoproclamant Saint-Nicolas avant Noël.

Il n’est donc pas candidat mais prend néanmoins ombrage de toute candidature dissidente, lâchant ses « cogneurs » pour tenter de dissuader tout impétrant réputé proche de sa famille politique qui aurait l’outrecuidance d’ambitionner aux plus hautes fonctions.

Il en va ainsi de la candidature de Dominique de Villepin qui vient d’annoncer sa décision de défendre ses chances au JT de TF1 devant une Claire Chazal énamourée très « Fan de ».

 

Suite à cette annonce, énorme interview de Nadine Morano, porte-flingue déclarée du président, sur BFM-TV. Et elle n’est pas la seule, les chiens UMPistes sont lâchés aux trousses du gibier Galouzeau.

En substance, pour Nadine Morano, Dominique de Villepin est celui à qui on doit l’idée lumineuse de la dissolution de l’assemblée en 1997;  il est « un homme seul, sans moyens financiers, sans mouvement politique et avec une force parlementaire inexistante »; il ne s’est jamais frotté aux électeurs alors que l’UMP lui propose de « briguer le suffrage universel pour un mandat de parlementaire, de député qui lui permettrait de défendre ses idées »; sa candidature est une candidature de posture (sous-entendu il n’a rien à apporter au débat politique); et surtout il ne décolle pas dans les sondages. Mais à son crédit, « C’est quelqu’un qui a de grandes qualités d’éloquence ».

Explication de texte :  c’est finalement un type qui n’a aucun talent de visionnaire, illégitime car n’ayant jamais brigué un mandat devant le peuple, qui adopte une posture par pur opportunisme politique, seul comme un rat mort, dont les sondages disent qu’il n’existera pas politiquement et dont la seule qualité est finalement de savoir accorder les compléments d’objet directs.

Si je ne savais pas de qui on parle, je parierais bien mon clavier que le type en question est une baltringue de première !

Néanmoins, au milieu de l’interview, à la question d’Olivier Mazerolles « Il peut faire perdre Nicolas Sarkozy ?  » (3:40) [NDLA : Ce Nicolas Sarkozy qui n’est pas candidat…], Nadine Morano répond que la division n’est jamais une bonne chose et bla bla bla et bla bla bla, en ne réfutant à aucun moment l’identité suggérée du futur candidat UMP.

Enfin, à la dernière question du journaliste, une Nadine Morano en transe pré-électorale et faisant fi de toute précaution oratoire, fait sauter les dernières barrières et répond que « Celui qui est le plus à même de faire gagner notre famille politique le moment venu, c’est Nicolas Sarkozy parce qu’il est le président de la République« .

Moralité : Nicolas Sarkozy, qui n’est toujours pas candidat à sa propre succession, l’est quand même un peu. Et il ne supporte donc pas que quelqu’un d’autre appartenant à la majorité ou proche de son courant de pensée le soit, quand bien même ce serait un candidat fantôme et inoffensif. Tous les moutons doivent rentrer au bercail sous peine de se faire mordre par les chiens du berger élyséen !

A part ça, à en croire sa garde rapprochée, le président de cette république exemplaire et ouverte fait preuve d’un grand courage politique.

Aurait-il versé des arrhes pour 2012 ? La constitution aurait-elle accouché d’une loi qui m’aurait échappé et qui stipule que lors d’une élection présidentielle, priorité doit être donnée au président sortant, celui-ci ayant pouvoir de préemption sur toute autre candidature ?

Au début de son mandat, je me souviens avoir entendu Nicolas Sarkozy tacler Laurent Joffrin à propos du terme monarchie républicaine. Il lui avait alors fait remarquer, non sans un certain talent et avec l’aplomb qui le caractérise, qu’il n’était pas le fils de Jacques Chirac. Certes mais Nicolas Sarkozy va plus loin : il vient d’inventer l’auto-héritage.

Rien que pour ça, je souhaite que Dominique de Villepin, dont je ne partage pourtant pas les idées, maintienne sa candidature. Tout comme je souhaite que soit abrogée cette règle stupide et anti-démocratique qui oblige chaque candidat à glaner 500 signatures de maire.

Mais tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes de Candide, Zadig et Voltaire…

Et si le ridicule était mortifère, Nadine Morano trônerait dans les cieux.

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