1er commandement de Guaino : tu ne qualifieras pas d’indigne le débat sur l’identité nationale

Il y a des mots déclencheurs qui nous font sortir de nos gonds de manière irrépressible. C’est comme ça, on n’y peut rien. Dans la trilogie Retour vers le futur, il ne fallait pas traiter le héros Marty Mc Fly de mauviette.

Dans la vraie vie, il ne faut pas qualifier d’indigne le débat sur l’identité nationale devant Henri Guaino, conseiller spécial de Nicolas Sarkozy. Illustration. Et ceci n’est pas un trucage…

1/ La Grande Edition, I-Télé, jeudi 26 janvier 2012

La victime : le journaliste Joseph Macé-Scaron.

2/ La Voix est Libre, France 3 Ile-de-France, samedi 25 février 2012

La victime : le président PS du conseil général de l’Essonne Jérôme Guedj.

Troublante gémellité n’est-il pas ?

Il y a deux explications possibles :

1/ Soit notre ami Henri qui ne nous veut pas du bien devrait songer à prendre quelques pelletées d’antihypertenseurs (Jacques Servier, es-tu là ?) car il ne semble pas au mieux nerveusement. Peut-être ses 5 années auprès de notre agité président ont-elles créé un transfert de personnalité ? Dans ce cas, souhaitons à Henri un prompt rétablissement et plein de bonnes choses pour le futur.

2/ Soit notre ami Henri, se sachant sur la sellette, prépare une reconversion et ambitionne de monter des « fake » à la Marcel Béliveau mais spécialisés politique. Apparemment, le tempétueux conseiller n’aurait aucune difficulté à incarner la colère.

Plus sérieusement, il y en a peut-être une 3e, voire une 4e…

On a vu un Henri Guaino notablement  plus urbain jeudi 23 février en débat avec Marine Le Pen dans l’émission Des paroles des actes sur France 2. Interrogé sur RTL le lendemain à propos de sa cordialité lors de ce débat, le conseiller de Nicolas Sarkozy a voulu rectifier le tir : « J’ai simplement été poli (…) c’est ma façon de discuter avec les gens qui ne sont pas d’accord avec moi, je pense que le débat démocratique mérite un peu de politesse« .

La politesse avec quelqu’un qui n’est pas d’accord avec lui, en effet, c’est patent sur les 2 vidéos. D’ailleurs, quand je les ai visionnées, je me suis dit : « Qu’est ce qu’il est poli ce Henri Guaino quand il discute avec les gens quand même ! ».

Donc, dans le monde d’Henri le républicain, on fait la révérence au leader d’un parti d’extrême-droite mais on tance vertement (vert très foncé) un contradicteur politique modéré et un commentateur qui osent prétendre que le débat sur l’identité nationale était indigne et on finit par sortir de ses gonds d’une façon inouïe.

Dans le monde d’Henri le flagorneur, on s’autorise à dire en face de Marine Le Pen que « c‘est vrai que l’immigration est un problème« , piétinant ainsi les plate-bandes de Claude Guéant.

Dans le monde d’Henri l’opportuniste, on a donc le droit de préparer le second tour de l’élection présidentielle en essayant de cajoler les électeurs du Front National.

Mais dans le monde d’Henri le colérique, mieux vaut s’abstenir de prononcer certains mots…

Cela étant, les dérapages dialectiques d’Henri Guaino, en première ligne et très exposé dans le dispositif de campagne, semblent néanmoins révélateurs : je n’ose imaginer la sérénité actuelle de l’Elysée et plus généralement de l’UMP, où doivent régner calme, volupté… préparation des cartons, tentatives de reclassement et intrigues en tous genres. La majorité perd ses nerfs et sa confiance.

La guerre de sécession et la guerre de succession sont vraisemblablement déjà déclarées. Nicolas Sarkozy qui intègre Rachida Dati à son équipe de campagne au mépris des relations qu’elle entretient avec François Fillon et sachant qu’elle le concurrence directement pour les législatives et l’accession à la mairie de Paris en 2014, c’est aussi une façon de signifier au 1er ministre qu’il ne goûte que très modérément son absence de soutien (ce fût notamment le cas lors de son invitation à Des paroles des actes le 2 février dernier). Et il y a fort à parier que Jean-François Copé est en coulisses. Il y a donc de quoi se montrer nerveux en Sarkozye car l’ambiance doit être pesante.

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3 commentaires sur “1er commandement de Guaino : tu ne qualifieras pas d’indigne le débat sur l’identité nationale

  1. Henri Gaino n’a aucune légitimité à prendre la parole. Il n’est que « con-seiller de Sarko »[sio-didant seul candidat du peuple], Et bien justement, Gaino n’a aucun mandat du peuple! Alors pourquoi lui donne -t-on la parole !

  2. Pingback: Dix raisons objectives de ne pas voter Sarkozy en 2012 | veni vidi blogui

  3. Pingback: Dix raisons objectives (quoi que…) de ne pas voter Nicolas Sarkozy en 2012 | Résistance Inventerre

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