Quand Jean-François Copé se fera-t-il enfin limer les canines ?

Voici une séquence qu’on a pu voir vendredi 23 mars dans la matinale de Jean-Jacques Bourdin sur BFM TV, extrait :

Jean-François Copé qui ne pense pas une seconde, lorsqu’il balance ses inepties grosses comme le bras, que quelqu’un puisse lui reprocher ce que lui-même reproche aux autres. Quand on vous dit que Jean-François Copé est un type juste ridicule qui a le QI d’un poulpe mais qui se prend quand même pour Poséidon…

Et voici la conférence de presse UMP de la veille, surjouée et théâtralisée à l’extrême par Copé, à laquelle fait référence Jean-Jacques Bourdin (séquence « polémique » à 6’30 ») :

Au-delà de la logorrhée sans intérêt qui lui tient lieu d’argumentaire, une phrase prononcée au cours de cette conférence de presse m’a frappé (12′:00) : « Les Français jugeront par eux-même où était l’indécence durant ces jours de deuil ».

Je suis un Français, donc je juge « par moi-même ». Cette indécence, je l’ai trouvée une première fois sur le plateau de Canal+ le vendredi 16 mars où Nicolas Sarkozy était invité. Pour rappel, à cette date, la tuerie des enfants juifs de l’école d’Ozar-Hatorah n’avait pas encore eu lieu puisque c’est arrivé lundi 19 mars, mais 3 militaires avaient déjà été assassinés par Mohamed Merah, l’un le dimanche 11 mars à Toulouse, et les 2 autres le jeudi 15 mars à Montauban, veille de l’émission du président sur Canal+.

Un Nicolas Sarkozy qui au cours de cette émission fait donc preuve de gravité, de dignité, de retenue et qui semble véritablement très affecté par la mort de ces 3 soldats. Un Nicolas Sarkozy clairement en période de deuil. Il a l’air tellement abattu que la séquence en est insoutenable…

Consternant. Surtout quand on remet cette séquence en perspective par rapport à la cérémonie d’hommage national qui leur a été très justement dédiée mercredi 21 mars à la caserne de Montauban.

Elle se situe là la vraie faute politique, nichée dans la légèreté totalement hors de propos du chef de l’état sur ce plateau, bien plus que dans les invectives mutuelles qui ont émaillé ensuite les débats toute cette semaine.

Car 3 jours plus tard, lundi 20 mars, après l’exécution atroce de 4 personnes (3 enfants, 1 adulte) à l’école juive d’Ozar-Hatorah par le terroriste, le ton changeait enfin. Il était temps. Contrairement à ce que les communicants de tout poil veulent maintenant nous faire croire en réécrivant l’histoire , on pourra dire que le chef de l’état aura peiné à prendre la mesure du drame et à enfiler le costume.

Et la compassion réelle du chef de l’état (quelle personne normalement constituée n’en a pas d’ailleurs !) n’exclut pas pour autant la tentation viscérale de récupération politique. Il suffit pour s’en convaincre de consulter le site elysee.fr et les innombrables vidéos du héros en action.

A part ça, Jean-François Copé, l’excroissance sarkozyste, nous fait quand même la leçon, vantant la stature du candidat sortant redevenu président pour l’occasion, et lançant une émétique et nauséabonde polémique à la figure de ses opposants.

Par ailleurs, qui peut croire un seul instant que le roquet Copé hurle en solitaire et pas au signal du chef de meute de l’Elysée ?

Cette indécence, je l’ai donc trouvée une seconde fois, dans l’attitude d’un Jean-François Copé se drapant dans sa vertu de pompier mais qui réussit à n’être qu’un abject pyromane. Décidément, 2017, sacre annoncé de  Jean-François Copé (enfin annoncé seulement par lui), n’a pas de prix si ce n’est celui de l’indignité. Et lui qui entend labelliser l’unité nationale et sature tous les médias pour le marteler incarnera au final l’inutilité et l’insanité nationales. Copé, c’est un mini-Sarkozy avec plus de dents que de talent.

Avec la question qu’on doit tous se poser : dans cette affaire et par le truchement des interventions graduées du chef de l’UMP, qui récupère quoi et pour quand ?

Parce qu’à ce niveau-là, l’instrumentalisation de l’évènement n’en est plus à de la simple récupération politique, ça devient carrément du développement durable.

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12 commentaires sur “Quand Jean-François Copé se fera-t-il enfin limer les canines ?

  1. Bonsoir,

    Ca ne devrait pas tarder Derdrie, suffit de donner du temps au temps.

    Il a été déjà repéré l’animal…, et le Bourdin (que je connais pas du reste) l’a littéralement assommé dans cette séquence (il en perd d’ailleurs ses moyens et tente de jacter sans pour autant y arriver).

    Il vaut pas un clou JFC. Ca me surprend du reste qu’il puisse déambuler un peu partout, avec cette sorte d’aura dans son parti (ou du moins au sein des structures dirigeantes).

    Non mais sérieux, ils sont pas tous comme ça (à se laisser impressionner) quand même de l’autre côté?

    En tous cas, et vous pouvez me croire, cher ami,…, le JFC, il ne tiendrait pas 2 rounds, si d’aventure ce type de débat était conduit avec et par les citoyens lambda (et peut-être même qu’alors, je me serais pour l’occasion porté volontaire pour l’asticoter tant il m’arrive d’adorer l’odeur du souffre par moment).

    Vous l’aviez déjà dit, « … sans foi, ni loi ». Je dirais même « abject » pour rester courtois.

    Amitiés,
    Tookontan

    • Bonjour Tookontan, merci de votre message.

      JJ Bourdin, c’est un intervieweur politique hors-norme, très accrocheur, pertinent et sans concession, un bonheur. La preuve !
      Quant-à Copé, il est clairement en train d’essayer de préparer l’après-Sarkozy en droitisant encore plus le parti sur les plans libéral, sécuritaire, de l’immigration etc… et en prenant des postures de loyauté à l’égard de son candidat.
      Il trace clairement le cap pour plaire à la frange la plus à droite de sa population électorale. S’appuyant sur son “pont d’arcole” à lui, la loi sur la burqa.
      Effectivement, un débat avec les citoyens, ce serait une bonne idée, je vous sens remonté comme une pendule à la simple évocation de nom de JFC ! )

      Bien cordialement
      Derdrie

      • Derdrie,

        Vous ne m’en tiendrez pas rigueur, mais au fil de mes lectures sur liberation, je suis tombe sur Erasmette (que je connais pas du reste) et dont le commentaire m’a tellement fait rire. Une vraie sociologue de la sante on dirait. J’ai pas pu resister (excuses pour l’accentuation ce soir, j’utilise un clavier QWERTY 🙂

        Ci apres son texte en integrite, en reponse a un commentaire qui accusait le sieur Bourdin (et le lien http://www.liberation.fr/monlibe/comments/tree/1689400/#c5631850).
        Bonne lecture
        ——
        Re: bourdin essaie d’échapper à la purge hollandaise!

        Chez un individu, le syndrome du larbin est un comportement pathologique visant à prendre systématiquement la défense des classes les plus favorisées au détriment de celles dont il est issu. Ce syndrome diminue les capacités d’analyse du larbin et se traduit par un blocage psychologique l’incitant à agir préférentiellement contre ses propres intérêts au profit de ceux qui l’exploitent.

        II) Analyse des symptômes
        L’amour démesuré qu’affiche le larbin à l’égard des patrons, des rentiers ou des milliardaires, est l’acte de foi qui structure son discours. Le larbin agit sans discernement de ce qui pourrait être bon pour lui, il intellectualise le débat pour tenter de nous convaincre que piocher chez les riches est toujours la pire des solutions, quand bien même il en serait bénéficiaire. Les arguments économiques qu’il invoque inlassablement n’ont pas servi à forger sa conviction, le syndrome du larbin est malheureusement une vocation qui se trimbale dès le plus jeune âge et contre laquelle il n’existe aucun remède. Le larbin n’a pas choisi d’aimer les riches, il aime les riches parce qu’il est un larbin. De tendance nettement libérale le larbin est celui qui vous vante les bienfaits du bouclier fiscal alors même qu’il ne paye pas d’impôts. C’est encore le même larbin qui voudrait réduire ou supprimer l’impôt sur la fortune même s’il sait qu’il ne sera jamais concerné par la question. Un écervelé victime du syndrome du larbin n’a pas de conscience politique, il vote instinctivement dans l’intérêt de ceux qui l’exploitent pour s’attirer leur bienveillance. Le larbin estime que l’argent qui lui fait défaut, est beaucoup plus utile dans le coffre d’un riche qui pourra ainsi le réinvestir beaucoup plus utilement qu’il ne l’aurait lui même dépensé. Le larbin cautionne tous les sacrifices et les plans d’austérité dont il pourrait être l’objet comme la baisse des salaires, ou encore l’augmentation de l’âge de la retraite même si son travail ne lui convient d’aucune façon et que ses maîtres ne lui offrent aucune perspective d’améliorer sa condition.

        III) Hypothèses sur l’origine du syndrome
        Deux théories principales s’affrontent pour expliquer l’origine du syndrome : la thèse génétique et la pathologie mentale.
        Après des siècles d’esclavage et de féodalité, les larbins pourraient être le produit d’une sélection artificielle des soumis par leurs maitres. La transmission génétique des caractères aurait favorisée la sélection d’une souche vivace de larbins domestiques au profit d’une nouvelle espèce de primates : l’homo larbinus.
        Selon cette hypothèse le mécanisme en œuvre serait similaire à la sélection des chiens et des chevaux mais directement appliqué à l’homme.

        Pour les tenants de la pathologie mentale le caractère héréditaire n’est pas retenu, il s’agirait plutôt d’un trouble qui se développerait dès l’enfance. Le processus s’aggraverait au passage à l’âge adulte lorsque le sujet prend conscience de la médiocrité de sa condition, le larbin développerait des stratégies inconscientes visant à restaurer un équilibre cognitif pour justifier l’acceptation de sa subordination. Le larbin finit ainsi par s’identifier à ses maîtres en s’imaginant appartenir au corps social qui l’exploite.

        IV) Quelques exemples
        Le larbin réagit vivement à toute discussion qui ose remettre en cause les privilèges des plus fortunés, incapable de se livrer à une argumentation convaincante, ses messages distillent la peur et les intimidations dont il est l’objet. En réaction le larbin brandit instinctivement une succession de termes caractéristiques qu’il essaye de glisser dans son discours tels que : communisme, bolchévisme, tirage vers le bas, la Stasi, Corée du Nord, isolement, dictature socialiste, évasion fiscale, paupérisation, millions de morts…
        Les quelques messages qui suivent portent la quasi-signature « littéraire » d’un larbin digne de ce nom :

        Les riches il faut les bichonner, les câliner, si on les spolie trop ils s’installeront ailleurs.
        Le Bolchévisme ? Non merci les Russes ont essayé en 17…
        Comme en Corée du Nord ou au Zimbabwe ?
        La fortune de Bill Gates ? Ça fait 3 pizzas par Africain et après on fait quoi ?
        Si les riches disparaissent on pourra plus leur vendre des produits de luxe !
        Ma patronne paye trop de charges !
        Les parachutes dorés c’est une compensation pour dissuader de saboter davantage l’entreprise, divisé par le nombre de salariés ça fait beaucoup moins que dans une seule poche.

        V) Population affectée
        Le syndrome du larbin ne prolifère pas seulement chez les plus démunis intellectuellement comme on pourrait le penser, il affecte une large fourchette de la population sans corrélation apparente avec le niveau d’étude (20% de la population pense faire parti des 1% les plus riches). Les larbins sévissent en masse sur les forums d’économie dont l’étude de cette discipline semble en aggraver les symptômes. Le paysage politique avec l’élection d’un président au service des ploutocrates révèle un seuil de contamination critique dans la patrie des droits de l’homme. La situation est grave mais peut-être pas complètement désespérée et les symptômes ne cessent d’évoluer au fil de l’actualité, aussi aidez-nous à maintenir et à diffuser ce document pour lutter efficacement contre ce fléau des temps modernes.

        Pour la santé publique.

    • Copé est partout parce qu’il a une (mauvaise) foi inébranlable (sous-tendue par ses ambitions) pour défendre le système en place, une tactique efficace pour couper la parole et déstabiliser, un sourire trompeur pour s’assurer la sympathie du public. Il joue exactement le rôle que son prédécesseur dans le cirage de pompes au service du maître en place, et avec la même ambition à la clé. Il ne croise que des militants transis d’admiration stupide acquis à la « cause ».
      Espérons que l’exemple de Bourdin fasse école chez les « journalistes » !

  2. Pingback: La minute de silence de Sarkozy : quand des éléments de langage inopérants se muent en éléments de comportement | veni vidi blogui

  3. Ce clown se permet de reprocher à Bourdin de parler au nom des auditeurs alors que lui même parle tout le temps au nom du peuple français. Merci JJ Bourdin.

    • Absolument, et c’est ce qui m’a le plus frappé moi aussi d’ailleurs; on a toujours l’impression que Copé est sociologue, pas dirigeant politique.
      Mais il n’en est pas à une outrance près, ce mec est juste abject de mauvaise foi.
      Regardez la dernière vidéo de cet article http://wp.me/p2232N-va et la qualification qu’en fait Michel Rocard, c’est hilarant !

  4. Ce qui reste inexplicable, c’est pourquoi Copé est à ce point mis en avant, alors qu’il ne porte que lui-même et que même ça, ce n’est pas grand-chose. Car ou se situe-t-il, quelle est sa culture politique ? Je sais qu’il est le chef de file de « la droite et du centre-droit », qu’il cherche à élargir « la droite », mais c’est tout. Il est aussi vacant que Hollande, mais avec les canines et le venin en supplément.

    • Copé n’est pas mis en avant, il se met en avant lui-même, c’est d’ailleurs son principal marqueur.

      Et les différences entre lui et Hollande sont selon moi multiples :

      1/ Hollande sera élu président tandis que Copé ne le sera jamais (et merci à Sarko pour ça car il est le meilleur vaccin anti-Copé [= même style dont plus personne ne veut]). En plus, je pense qu’il y aura des primaires en 2017. Etre secrétaire général du parti (si tant est qu’il le reste à l’automne) ne garantit donc rien.

      2/ Les rhétoriques de l’un et de l’autre n’ont rien à voir : « l’un insulte, rabaisse, attaque la personnalité de son adversaire (Copé évidemment), l’autre pas. » cf http://leplus.nouvelobs.com/contribution/498336-l-insulte-l-ultime-stratageme-de-nicolas-sarkozy.html qui est une très bonne analyse.

      3/ Hollande est un fin politique (une anguille diront certains) mais est je trouve respectable et respectueux. Copé est juste une caricature de ces nouveaux politiques qui pensent que la forme (en l’occurrence la castagne et l’invective) prévaut sur le fond.

      • Je suis évidemment d’accord avec tout ça ; je ne comparais les deux que pour l’absence de prises de position idéologiques courageuses, tranchées ou nouvelles. Ils ne se démarquent tout deux que par leur statut.
        Copé aura du mal à se faire élire vu ce qu’il dégage, mais il a cinq ans pour ajuster son coup et la logique s’incline souvent devant la com et la démission des citoyens.

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