Le moment où le roi Fanfaron 1er a sombré dans le ridicule

On pensait réellement avoir touché le fond avec Nicolas Sarkozy dans cette campagne et on n’avait que l’embarras du choix pour s’en convaincre :

  • les mensonges à répétition, voir ici et  (rien qu’au cours de la semaine écoulée, le déni du terme “vrai travail”, le soutien inexistant de Tariq Ramadan, l’appel fantôme des 700 mosquées, puis la soi-disant présence de François Hollande le 1er mai derrière les syndicats),
  • les tombereaux d’insultes à l’endroit du candidat socialiste (« Hollande est nul, je vais l’atomiser »),
  • les invectives répétées à longueur de meetings avec un style oratoire à tendance monomaniaque,
  • la stigmatisation incessante de certaines catégories (les Français contre les étrangers, les travailleurs contre les assistés, le privé contre le public, les enseignants contre les parents d’élèves, le peuple contre les corps intermédiaires etc),
  • l’utilisation du clivage systématique comme arme politique,
  • le cynisme poussé à son paroxysme à travers l’ultra-droitisation des thèmes de campagne pour récupérer les voix du Front National,
  • et de manière générale cette stratégie des écrans de fumée pour éviter d’avoir à répondre aux vraies questions (le bilan; les affaires Karachi, Kadhafi, Bettencourt).

Mais en fait non, on pouvait encore descendre plus bas sur l’échelle de Sarkozy.

Pour preuve, cette interview absolument lunaire sur I>Télé lundi matin (« Une journée avec Nicolas Sarkozy« ). Aura-t-on jamais vu dans l’Histoire politique candidat se ridiculiser à ce point ? Et que restera-t-il de cette campagne 2012 du président sortant, cherchant par tous les moyens à se faire réélire, allant jusqu’à draguer les bas-fonds, le caniveau et les marécages pour trouver des arguments ?

Séquence ahurissante donc  (04’35 – 07’15), au cours de laquelle Nicolas Sarkozy surjoue le puritanisme à coups de grimaces forcées et de simagrées dignes d’un enfant de 3 ans, à propos de la présence de DSK à l’anniversaire de Julien Dray samedi soir, alors que la question initiale posée par le journaliste n’y est liée d’aucune manière puisqu’elle porte sur le débat de mercredi entre les deux finalistes.

Mais le matamore matador Sarkozy se faisait fort de placer cette banderille dans l’arène des valeurs : le candidat de la droite, garant du (vrai) travail, de la famille et de la patrie (non, j’ai pas cité Pétain) contre cette gauche caviar/couscous qui se fourvoie et se vautre dans le stupre, voilà ce que le candidat Sarkozy entendait signifier urbi et orbi à travers son numéro de pitre ce matin.

Une journée avec Nicolas Sarkozy sur I-Télé le 30 avril 2012

Voir la vidéo sur le site de I>Télé ou sur dailymotion.

On aura donc droit au cours de cette interview à plusieurs saillies empruntant à la dialectique d’un élève de CM2, s’adressant ainsi au cerveau reptilien de l’auditeur, et à une passivité inouïe du journaliste dont on se demande bien à quoi il sert à part tenir le micro et à qui il faudra à l’évidence apprendre ce qu’est un droit de suite (Jean-Jérôme Bertolus, c’est juste David Pujadas en plus grand et en plus chauve). Parce qu’à ce niveau-là, ce n’est pas une interview mais un clip de campagne sponsorisé.

Malgré cela, Nicolas Sarkozy osera encore prétendre que la presse est contre lui, qu’il a eu seulement 1/10 de temps de parole depuis le début de la campagne (et rien de plus normal car il y avait 10 candidats), qu’il n’est pas traité équitablement etc, faisant presque passer Caliméro pour un gros mytho. La paranoïa dans toute sa « splendeur ».

Morceaux choisis :

« Quand on voit la comédie à laquelle donne lieu le dîner d’anniversaire de Monsieur Dray, avec Monsieur Strauss-Kahn -rue Saint-Denis, ça ne s’invente pas-, on se demande si parfois les socialistes réfléchissent (…) Le directeur de campagne, le porte-parole de campagne, étaient là-bas, ont festoyé, rue Saint-Denis, dans un restaurant qui s’appelle Osez (…) Tout ça est quand même bien triste (…) Je pense que quand les journalistes auront fait leur travail, ils découvriront qu’il y a beaucoup de gens qui y étaient, qui y sont restés. Ça en dit long, ça en dit très long (…) Je pense surtout qu’il n’y a pas de sens commun sur ce qui se fait et ce qui ne se fait pas ».

Et pour ceux qui n’auraient pas bien écouté, dans la rhétorique sarkozienne, répéter 2 fois Saint-Denis dans la même expiration, c’est souligner qu’il est un fait avéré que tous les socialistes vont aux putes dès qu’ils ont 2 minutes. Et comment des ersatz de DSK pourraient-ils gouverner la France s’ils ne réussissent déjà pas à gouverner leur moralité et leurs hormones ? CQFD.

Monomaniaque, paranoïaque mais également tête à claques donc.

Dimanche à Toulouse, Nicolas Sarkozy avait prononcé un plaidoyer portant sur la Nation et les frontières. Ce lundi, il a continué dans cette veine en franchissant les frontières, mais en l’occurrence, celles de l’ineptie. A tel point qu’on est en droit de se demander s’il se souvient encore qu’il est président de la République et pas candidat-chroniqueur à Gala, Voici ou Closer.

Il est des plus surprenant d’ailleurs de le voir pris d’une logorrhée si subite sur le sujet alors qu’il est bien moins disert et la plupart du temps d’une agressivité inouïe sur le fond des affaires Karachi, Kadhafi, Bettencourt. Probablement parce qu’elles ont moins d’importance… DSK qui boit un verre dans un bar rue Saint-Denis, c’est absolument central pour le redressement du pays. Mais des soupçons de financements de campagne illégaux, parfois avec de l’argent public, à quoi bon en parler effectivement ?

Comment est-il possible quand on est président de la 5e puissance du monde d’abaisser à ce point le niveau du débat démocratique à travers un argumentaire aussi grotesque ? Cet homme a-t-il encore toutes ses facultés ? Est-il atteint lui aussi d’anosognosie ? Ou est-il en train de sombrer dans la folie ordinaire, tellement avide de pouvoir ou terrifié à l’idée d’en être dépossédé qu’il n’a plus aucune limites, en tout cas pas celles que devrait lui imposer sa fonction ?

Mais le problème avec ce type d’arguments, c’est l’effet boomerang qu’il induit. Ainsi, je me souviens d’un certain président dont le nom m’échappe mais qui a, à plusieurs reprises, manqué de  « sens commun sur ce qui se fait et ce qui ne se fait pas ». Ce président avait par exemple :

  • intégré dans son gouvernement un ministre – Georges Tron – mis ensuite en examen pour pour viols et agressions sexuelles en réunion et par personne ayant autorité,
  • essayé de faire nommer son fils à la tête du grand quartier d’affaire européen, l’EPAD,
  • eu dans son équipe gouvernementale deux secrétaires d’état – Christian Blanc & Alain Joyandet – poussés à démissionner après avoir été épinglés pour utilisation des deniers publics.

Son nom me reviendra surement.

Pour le reste, Nicolas Sarkozy est en train de provoquer des dégâts irréversibles dans notre société car il clive encore et toujours. Cette campagne en est l’illustration parfaite. Il ne s’adresse pas au peuple mais au contraire dresse ses différentes composantes les unes contre les autres.

Quand dans le débat d’idées, on n’a pas d’arguments au niveau, il est tentant de les ramasser dans le caniveau. Il faut vraiment que cette campagne se termine car Nicolas Sarkozy est tombé si bas qu’il va finir par trouver du pétrole…

Cet homme doit non seulement être battu dimanche 06 mai mais également humilié par un score sans appel. Il s’est disqualifié depuis son entrée en campagne. Frappé du sceau de l’indignité, le roi doit être répudié. Point barre.

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2 commentaires sur “Le moment où le roi Fanfaron 1er a sombré dans le ridicule

  1. PLUS DE TABOUS! LES VERROUS SAUTENT!

    14h45 – Longuet : Marine Le Pen est “un interlocuteur” de l’UMP

    Dans un entretien à paraître mercredi dans “Minute”, Gérard Longuet estime qu’il y a “une différence notable” entre Marine Le Pen et son père, Jean-Marie, et que la présidente du Front national pourra désormais être un “interlocuteur” de l’UMP,

    “Il sera désormais possible de parler de sujets difficiles avec un interlocuteur qui n’est pas bienveillant mais qui, au moins, n’est pas disqualifié”, juge le ministre de la Défense , qui a lui-même appartenu à cette mouvance dans sa jeunesse. Il a été l’un des fondateurs, dans les années 1960, du groupuscule Occident, souvent impliqué dans des affrontements violents contre l’extrême gauche

    http://tempsreel.nouvelobs.com/election-presidentielle-2012/20120430.OBS7408/en-direct-un-1er-mai-tres-politique.html
    (le lien n’est pas actif de manière permanente car c’est la rubrique en direct)

  2. C’est nauséabond !
    Et Carlita qui minaudait derrière son « grantome » c’est après-midi, c’était d’un ridicule ahevé. Vivement que cette semaine finisse et qu’on passe à autre chose et que ces tristes sires disparaissent. Voeu pieux !

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