Après le racisme anti-blanc de Copé, la Droite forte théorise le racisme anti-fonctionnaire

La « Droite forte – Génération Sarkozy » est un courant né sur les cendres du sarkozysme en plein cœur de l’été, à l’initiative des deux « angelots d’apparence », Guillaume Peltier et Geoffroy Didier. Et ce courant fourbit ses armes en vue du congrès de l’UMP en novembre.

Créditée de 39% d’intention de vote, leur motion semble avoir de grandes chances de remporter la mise auprès des sympathisants. C’est le signe que le centre de gravité de l’électorat UMP tangente clairement la droite de la droite.

Les initiateurs de la Droite forte soutiennent Jean-François Copé pour la course à la présidence du mouvement. Guillaume Peltier, Geoffroy Didier et maintenant Camille Bedin (secrétaire nationale en charge de l’égalité des chances, précision utile concernant celle qui cherche désespérément la lumière), qui les a rejoints, ont trouvé en la personne de l’actuel secrétaire général de l’UMP le réceptacle parfait de leurs idées décomplexées : ultra-libérales, ultra-sécuritaires, ultra-identitaires.

 La Droite forte, un hommage posthume au sarkozysme

La Droite forte assume son sarkozysme et revendique sa filiation. C’est d’ailleurs tout le paradoxe de ce courant : il est initié par des dirigeants jeunes dont on aurait pu croire qu’ils auraient été les premiers à exercer un droit d’inventaire sur ces 5 ans de naufrage électoral de la droite et à apporter leur singularité, leur ton et leur approche de la politique.

Mais en fait, pas du tout. Cette génération Sarkozy a évidemment emprunté au président sorti son corpus idéologique, mais elle a surtout repris son art de la guerre : cogner avant de réfléchir ou cogner sans même réfléchir, accéder à l’espace médiatique comme des morts de faim pour prouver leur importance dans le dispositif, pondre à la moindre occasion des communiqués de presse qui tiennent plus de la rédaction de début de 3è que du véritable argumentaire, tenter de disserter sur tout et n’importe quoi pour au final éructer surtout n’importe quoi…

Quand les opportunistes voleront, l’un de ces trois-là pourra briguer le poste de chef d’escadrille. Reste à savoir lequel des trois.

Dans le monde de Nicolas Sarkozy, il fallait stigmatiser et diviser pour mieux régner. On se souvient des fulgurances de sa campagne où il a opposé les Français aux étrangers, les travailleurs aux assistés, le vrai travail au faux travail, le privé au public, les enseignants aux parents d’élèves, le peuple aux corps intermédiaires…

Dans le monde de Jean-François Copé, on perpétue ce travail en sortant l’atout-maître du racisme anti-blanc, qui oppose différentes formes de racisme entre elles.

Après le racisme anti-blanc, le racisme anti-fonctionnaire

Mais ce n’est pas suffisant. Le dieu UMP réclame une nouvelle offrande sur l’autel de sa gargantuesque présidence. Ses fidèles serviteurs se mettent alors en quête d’un gibier qui le rassasiera.

Et voilà que passe à portée de tir la question de la suppression du jour de carence pour les fonctionnaires en arrêt-maladie, carence instaurée en début d’année par le précédent gouvernement. Cette question est à peine évoquée et n’a fait l’objet d’aucune décision ou discussion sérieuse, que déjà le soldat Bedin se fend d’un communiqué sur le site de l’UMP.

Le soldat Bedin doit prouver sa fidélité et sa pertinence. Le soldat Bedin veut exister. Le soldat Bedin entend prouver que la Droite forte est la future boite à idées de l’UMP refondé et triomphant. Le soldat Bedin, secrétaire nationale en charge de l’égalité des chances, prend donc la plume et s’insurge contre ce « scandale qui aggrave les inégalités entre les Français ! »

Tous les poncifs, tous les éléments de langage, y sont convoqués. Camille Bedin parle pêle-mêle de :

« Mesure extrêmement coûteuse qui augmenterait encore les privilèges de la fonction publique, et aggraverait par là même les inégalités entre les Français ! »

Mais elle parle aussi de :

« Coût astronomique d’environ 250 millions d’euros, que les salariés du privé devront financer ! »

Pour finalement conclure en indiquant que :

« Ce dont la fonction publique a besoin, c’est d’une modernisation, de plus de souplesse et d’un rapprochement avec le secteur privé […] ! »

Les fonctionnaires, ces fainéants privilégiés

Le lecteur attentif remarquera que dans ce communiqué, le point d’exclamation est manié avec la précision chirurgicale d’un éléphant qui aurait enfilé des après-skis. Cette hyper-ponctuation trahit à la fois l’exaltation de l’auteur et sa volonté irrépressible de nous dire à quel point tout ceci est important – pour elle en tout cas. Le point d’exclamation est la sémantique du pauvre.

Mais quoi qu’il en soit, nous y sommes, fonctionnaire = privilégié = profiteur du système = fainéant grassement payé par le secteur privé qui trime. CQFD. Non pas Ce Qu’il Fallait Démontrer mais Ce Qu’il Fallait Dénoncer.

Ah, l’art de jeter l’opprobre sur une catégorie de la population pour en satisfaire une autre : l’élève a bien retenu la leçon du maître. Le café du commerce va pouvoir faire nocturne. Bientôt les fonctionnaires devront porter un signe distinctif dans la rue, nous aurons le droit de leur jeter des cailloux et nos enfants pourront les molester. Mêmes nos chiens auront le droit de les mordre.

Personnellement, je m’interroge sur cette dernière idée développée par Camille Bedin, qui nous explique qu’émerge :

« Un mouvement continu d’isolement de privilégiés, toujours plus protégés de la réalité et financés par les contribuables ! »

Fait-elle référence aux fonctionnaires ou à Liliane Bettencourt, à qui le précédent gouvernement a restitué les millions du bouclier fiscal et de la baisse des taux de l’ISF, juste parce qu’elle le valait bien ? Fait-elle référence aux fonctionnaires ou à Bernard Arnault qui, un beau jour de septembre, décide que ce n’est finalement pas un luxe de quitter cette France qui a contribué à sa fortune ? Fait-elle référence aux fonctionnaires ou à Hugues Taittinger, parti lui aussi siroter son champagne dans la campagne belge ?

Alors, oui, cette droite est forte. Mais elle est surtout forte de ses contradictions et de son arrivisme.

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