UMP. Copé sanctionné dans les sondages, victime de sa pratique de la politique ?

Le Figaro publiait en début de semaine un sondage OpinionWay réalisé auprès des sympathisants UMP, comparant les chances de François Fillon et de Jean-François Copé de remporter l’élection pour la présidence du parti. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ce sondage n’est guère favorable au député-maire de Meaux.

Jean-François Copé, sanctionné autant sur la forme que sur le fond

Ainsi, lorsqu’on interroge les sympathisants sur celui qui est le plus « capable de mener l’UMP à la victoire aux élections locales de 2014 », François Fillon arrive largement en tête (à 35% contre 15%). De même, lorsqu’on les interroge sur la capacité des deux impétrants à « rassembler les électeurs de droite », Fillon devance Copé (39% contre 11%).

Rien d’étonnant à cela en vérité, Fillon bénéficiant d’une image d’homme d’Etat que ne peut pas revendiquer son concurrent.

En revanche, ce qui apparaît plus problématique pour Jean-François Copé, c’est le fait que les personnes interrogées doutent également de son aptitude à être « un bon chef d’opposition » (37% contre 21% à l’avantage de Fillon) ou à avoir « l’autorité d’un chef de parti » (34% contre 21% pour l’ancien 1er ministre).

En clair, malgré son hyper-exposition dans les médias, son mandat actuel de secrétaire général et ses attaques au canon incessantes à l’égard du pouvoir en place, il ne convainc pas son camp, alors même qu’il se présente comme le candidats des militants (par opposition au candidat des barons), et donc de l’appareil au sens large.

Jean-François Copé est, de fait, perçu comme un besogneux et ne soutient pas la comparaison avec son adversaire à qui les sympathisants prêtent davantage de hauteur de vue et d’intelligence visionnaire.

Par ailleurs, les personnes interrogées considèrent également que Fillon « incarne mieux les valeurs de la droite » (29%-13%) et est « plus proche des préoccupations » de ses membres (31%-12%), ce qui revient à dire que lorsqu’il agite le racisme anti-blanc ou qu’il raconte l’histoire de « Toto et le pain au chocolat« , Copé ne relaye pas nécessairement, contrairement à ce qu’il claironne, les problématiques prégnantes de son camp.

Enfin, suprême affront, ultime humiliation, Fillon est jugé plus « fidèle aux idées de Nicolas Sarkozy » que son rival (32%-16%), alors que le maire de Meaux a multiplié les déclarations d’allégeance à l’ancien président, scénarisé les ralliements spectaculaires de ses proches et adopté la même stratégie de campagne, brutale et iconoclaste.

Jean-François Copé a choisi de verser dans le Sarkozysme décomplexé,coaché par le marionnettiste Patrick Buisson, mais rien n’y fait, le Brie de Meaux ne réussit pas à détrôner l’andouille sarthoise dans le coeur des sympathisants.

Une pratique de la politique mise à mal

En réalité, Copé souffre déjà d’un déficit d’image par rapport à Fillon mais il fait tout pour creuser son handicap : en se comportant comme un hussard alors que Fillon figure une opposition ferme mais raisonnée. En posant sur la table des débats sociétaux clivants, tout en étant soutenu par des libéraux (Chatel) et des humanistes (Raffarin) dont l’histoire politique est davantage emprunte de rassemblement. Et en se lestant de jeunes kamikazes ambitieux (la Droite forte)ayant pour vertu cardinale l’opportunisme alors que Fillon a fait son marché chez les « quadras » expérimentés (les anciens ministres Pécresse, Wauquiez, Baroin).

Tout concourt donc à cet effet de contraste dévastateur pour Copé. Il est insupportable sur la forme, peu crédible sur le fond et, à l’instar de ces enfants en manque d’attention, en fait des tonnes juste pour montrer qu’il est là. Un peu court pour prétendre à autre chose qu’aux accessits.

Au final, c’est tout simplement sa façon de faire de la politique qui est remise en question, son approche de fond : trop belliqueux, trop arrogant, trop arriviste, trop clanique. Souvent les griefs dont il affuble ses adversaires d’ailleurs !

Et pourtant, si l’on en croit ses proches, la course à l’échalote dans les jardins de Montretout n’est pas encore terminée. On remarquera d’ailleurs à cet égard que Marine Le Pen n’éprouve même pas le besoin d’intervenir tant Jean-François Copé joue les VRP des idées de société du Front National. De ce point de vue, Copé n’est pas une digue mais une passerelle anesthésiante vers l’extrême-droite, y jetant son caillou chaque jour un peu plus loin.

« L’ascension idéologique » de Jean-François Copé n’est donc pas terminée et ça rappelle évidemment la fin de campagne de Nicolas Sarkozy qui braconnait dans le caniveau en espérant en sortir un lapin magique.

Son camp ne s’en est pas réellement remis. Ainsi, après les législatives, certaines langues se sont déliées, revendiquant un droit d’inventaire ou remettant en cause la droitisation de la campagne : Roselyne Bachelot, Nathalie Kosciusko-Morizet, Chantal Jouanno, François Baroin (déjà…).

Il est probable que cette fois encore, l’UMP ne sortira pas indemne de cette campagne, grâce à l’ami Jean-François : au prétexte de porter les « vrais débats » (vrai devant être entendu au sens utile à sa propre cause), il véhicule surtout les faux problèmes.

Mais après l’élection du 18 novembre, il y aura un vrai travail d’inventaire à droite, pas comme celui du 1er mai… Et il débouchera sur celui du Sarkozysme.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s