Le Programme de François Fillon : du sang, des larmes et une corde pour se pendre

Quand on observe le combat que se livrent François Fillon et Jean-François Copé pour séduire les militants UMP appelés à élire le 18 novembre le président de leur parti, on oublie souvent de mentionner qu’entre ces deux-là, il n’y a pas l’épaisseur d’un bulletin de vote en papier recyclé.

Oui, Copé se situe très à droite sur l’échiquier politique et ses outrances à répétition (racisme anti-blancanecdote du ramadan et du pain au chocolat) nous rappellent à quel point cet homme est dangereux par son côté pyromane sociétal décomplexé. Adepte du gros rouge qui tâche, Jean-François Copé tire rarement à blanc et la période actuelle en est la parfaite illustration : il veut tuer politiquement Fillon et il y a fort à parier que le barillet n’est pas encore vide.

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Nicolas Sarkozy, candidat du peuple… sauf quand le peuple s’invite à venir manger à la maison

Nicolas Sarkozy est le candidat du peuple. C’est vrai et c’est incontestable. La preuve, c’est que c’est lui qui le dit. Donc, il n’y a aucune raison de ne pas le croire… CQFD.

La théorie

« J’ai pu mesurer pendant cinq ans à quel point les corps intermédiaires font écran entre le peuple et le gouvernement : les syndicats, les partis, les groupes de pression, les experts, les commentateurs, tout le monde veut parler à la place du peuple sans jamais se soucier de ce que le peuple veut, de ce qu’il pense et de ce qu’il décide, comme si le peuple n’était pas assez intelligent, pas assez raisonnable (…). De l’entre-soi des élites politiques, des élites économiques, des élites administratives, des élites syndicales, il ne sort que des compromis boiteux et au final, il ne sort que l’immobilisme. »

Nicolas Sarkozy, discours de campagne à Annecy le 16/02/2012.

Les travaux pratiques, un mois après…

Salariés d’ArcelorMittal de Florange, devant le QG de campagne de N.Sarkozy le 15/03/2012

En même temps, il a dit candidat du peuple, pas président du peuple…

Dimanche après-midi en meeting à Villepinte et lundi soir sur TF1 dans l’émission Paroles de candidat, il était par définition candidat. Donc aujourd’hui il est président, c’est logique. C’est l’équité des temps de paroles : 50% pour le candidat, 50% pour le président.

Et puis l’un dans l’autre, les salariés n’avaient qu’à enlever leurs chasubles CFDT et CGT parce que forcément, ça l’a énervé Nicolas, l’un de ses passe-temps favoris étant de faire siffler les syndicats dans ses meetings

Ah, ces gens du peuple, ils ne font décidément aucun effort non plus pour se rendre sympathiques. Bon sang, mais quelle ingratitude ! Qu’ils ne viennent pas pleurer après si, par dépit, son altesse Nicolas décide finalement de renouer les liens avec ses « anciens » amis du Fouquet’s !

>> A lire aussi : Nicolas Sarkozy, le candidat du peuple des veaux

L’élection présidentielle est un sport qui se joue à un contre un et où l’Allemagne gagne toujours à la fin

La parole au peuple

« J’ai pu mesurer pendant cinq ans à quel point les corps intermédiaires font écran entre le peuple et le gouvernement : les syndicats, les partis, les groupes de pression, les experts, les commentateurs, tout le monde veut parler à la place du peuple sans jamais se soucier de ce que le peuple veut, de ce qu’il pense et de ce qu’il décide, comme si le peuple n’était pas assez intelligent, pas assez raisonnable (…). De l’entre-soi des élites politiques, des élites économiques, des élites administratives, des élites syndicales, il ne sort que des compromis boiteux et au final, il ne sort que l’immobilisme. »

Nicolas Sarkozy, discours de campagne à Annecy le 16 février 2012.

Lors du même discours, le président martèle qu’il entend donner la parole au peuple chaque fois que ce sera nécessaire, notamment en cas de blocage, à travers l’organisation de référendums. Comprendre rendre au peuple sa souveraineté et le libérer des élites qui confisquent le pouvoir. Dont acte.

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Sarkozy 2012 : le roi est mort, vive le roi… ou la mise en scène du pouvoir personnel

Étonnante coloration choisie par Nicolas Sarkozy pour sa campagne présidentielle. Sa déclaration de candidature au JT de TF1 et plus encore, son discours lors de son premier meeting à Annecy, ont en effet mis l’accent sur sa volonté de se présenter comme le candidat du peuple contre « les élites politiques, économiques, administratives ou syndicales qui confisquent le pouvoir ».

Comme preuve de sa bonne foi, il apporte dans la corbeille de la mariée des promesses de référendum à la pelle, outil ultime permettant ce legs. Est-il utile de rappeler que, sur ce point, il n’hésita néanmoins pas en 2007 à bafouer le référendum sur la constitution européenne de 2005, pour lequel le peuple français avait voté NON à 55%, en engageant une ratification parlementaire du traité de Lisbonne, et qu’il faillit tomber de l’armoire quand il apprit que le Premier ministre grec Georges Papandréou émettait l’idée de consulter son peuple par le même biais le 27 octobre 2011

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Un bon ouvrier est un ouvrier qui prend bien la lumière

Nicolas Sarkozy se présente comme le candidat du peuple contre les élites, le candidat hors du système, déclarant lors d’un meeting à Annecy le 16 février 2012 :

« J’ai pu mesurer pendant cinq ans à quel point les corps intermédiaires font écran entre le peuple et le gouvernement : les syndicats, les partis, les groupes de pression, les experts, les commentateurs, tout le monde veut parler à la place du peuple sans jamais se soucier de ce que le peuple veut, de ce qu’il pense et de ce qu’il décide, comme si le peuple n’était pas assez intelligent, pas assez raisonnable (…). De l’entre-soi des élites politiques, des élites économiques, des élites administratives, des élites syndicales, il ne sort que des compromis boiteux et au final, il ne sort que l’immobilisme. »

La première chose qui nous envahit en entendant Nicolas Fouquet’s Sarkozy s’ériger en ardent défenseur du peuple, c’est une certaine forme d’incompréhension. A titre de comparaison :

  • Aurait-on demandé à Eric Di Meco ou Carlos Mozer, à l’époque de la grande équipe de l’OM des années 80-90, de militer en faveur de l’abrogation du tacle assassin dans le football ?
  • Penserait-on à Nadine Morano pour réécrire le Bescherelle ou nous représenter à un concours international des « Chiffres et des lettres » ?
  • Nous effleurerait-il l’esprit que les frères Bogdanoff puissent un jour faire la publicité d’une crème de jour ?
  • Mandaterait-on Christian Vanneste pour organiser la prochaine gay pride ?
  • Songerait-on à engager François Fillon pour animer un enterrement de vie de garçon ?
  • Oserait-on proposer à Jean-François Copé de toucher moins de 5000 €/mois au risque de devenir un minable ?

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