Lettre au Père Chatel, dessine-moi une Auxiliaire de Vie Scolaire

Cher Monsieur Luc, chef des écoles,

Je m’appelle Jasmine, j’ai 8 ans et j’habite en Bretagne. J’ai un petit frère qui s’appelle Noah, il a 5 ans.

Avant de commencer, je dois t’avouer que Jasmine et Noah ne sont pas nos vrais prénoms. J’ai préféré utiliser des pseudos comme on dit sur Facebook car si on me reconnait, j’ai trop peur que parmi tes amis, certains essaient de nous chercher des problèmes : par exemple, j’ai peur que le petit monsieur à lunettes qui fait du parachute à Boulogne vienne avec les gendarmes chez papa et maman, ou que la grande dame blonde qui vient de l’Est, qui a l’air si méchante et fait tout plein de fautes de français quand elle parle, licencie ma maman du magasin où elle travaille, ou encore que le jeune monsieur aux cheveux tout gris décide que je n’aurai pas droit au RSA lorsque je serai une pauvre en âge de ne pas trouver d’emploi.

Mais je voulais vraiment t’écrire car je suis assez préoccupée ces temps-ci après t’avoir entendu parler des élèves en situation de handicap, lors de la réunion entre gens importants que vous avez eue il y a quelques jours (l’atelier sur les politiques du handicap qui s’est tenue le 1er décembre dernier).

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Et si c’était Chatel, le hAAAndicap de l’école ?

Cher Monsieur Luc (Chatel),

Une fois n’est pas coutume, il me faut aujourd’hui te rendre hommage. Ton administration réalise avec opiniâtreté de véritables prouesses et imagine des projets tous plus humanistes les uns que les autres (projet d’évaluation des enfants « à risques » de maternelle, projet d’évaluation des enseignants par le directeur d’établissement) pendant que toi, brillant chef d’orchestre, tu viens nous expliquer avec zèle et servilité sur les plateaux télé et radio en quoi ses actions mal comprises nous seront pourtant salutaires.

Ta politique de coupes budgétaires à répétition (-17000 en sept 2011, -14000 prévus en sept 2012, -70 000 en 5 ans !), aux seuls desseins de contenter tes employeurs Moody’s et Standard & Poor’s, a accouché d’un gigantesque tamis duquel les élèves les moins armés intellectuellement, physiquement ou socialement sont exfiltrés.

Un « triple A », ça n’a pas de prix et c’est une jouissance incommensurable. Regarde comme nos amis Grecs sont malheureux de ne pas l’avoir. Ca n’a pas de prix mais ça a un coût : celui, entre autres, de la mise au rebut des milliers d’élèves en situation de handicap que tu déposes dans la corbeille de la mariée.

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Carte scolaire : 1 – Handicap : 0

Bonjour Monsieur Luc,

Je suis obligée de reprendre la plume car force est de constater (à regrets !) que la situation ne s’améliore guère dans ton merveilleux ministère depuis ma première intervention. Pour rappel, je m’étais permis de t’appeler au secours il y a quelques mois (Au secours monsieur Luc).

En propos liminaire, sache que j’ai pris quelques menus cours de français pendant les vacances (merci papa pour ces rudiments !) car il est vrai que le style volontairement « moranesque » de ma première missive a peut-être provoqué chez toi quelque indigestion. J’ai toujours 8 ans, habite toujours en Bretagne dans le Morbihan, mon petit frère et moi allons toujours dans une école sur laquelle ton administration (l’Inspection Académique) continue de s’acharner puisque fermetures de classe et gels des emplois d’AVS-I s’enchainent à un rythme effréné digne d’une campagne de réélection présidentielle. Et oui, la CARTE SCOLAIRE, ce broyeur [d’ascenseur] social dont on nous explique qu’il officie pour notre bien car « trop de prof tue le prof », est passée par là en avril dernier.

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