Si Sarkozy est réélu, on ne pourra plus dire qu’on se savait pas

Nous sommes à la veille d’une élection cruciale. Le vote de demain ne sert pas seulement à élire le prochain président de la République, il sert surtout, pour chacun d’entre nous, à exprimer ce que nous voulons pour notre avenir et celui de nos enfants. Il s’agit donc d’un choix sociétal davantage qu’idéologique, sur fond de crise économique et financière.

Cette crise a d’ailleurs bon dos, utilisée tantôt par le président sortant pour se dédouaner de son piteux bilan, tantôt pour nous imposer à marche forcée ses nouvelles propositions encore plus libérales. Et pour un peu, il serait satisfait du résultat produit en 5 ans…

Nul besoin de disserter ici du programme de l’un et de l’autre, la presse l’a fait abondamment et avec acuité. Mais avant que chacun d’entre nous ne soit amené à faire son choix définitif, je l’invite à se poser les quelques questions suivantes :

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Le moment où le roi Fanfaron 1er a sombré dans le ridicule

On pensait réellement avoir touché le fond avec Nicolas Sarkozy dans cette campagne et on n’avait que l’embarras du choix pour s’en convaincre :

  • les mensonges à répétition, voir ici et  (rien qu’au cours de la semaine écoulée, le déni du terme “vrai travail”, le soutien inexistant de Tariq Ramadan, l’appel fantôme des 700 mosquées, puis la soi-disant présence de François Hollande le 1er mai derrière les syndicats),
  • les tombereaux d’insultes à l’endroit du candidat socialiste (« Hollande est nul, je vais l’atomiser »),
  • les invectives répétées à longueur de meetings avec un style oratoire à tendance monomaniaque,
  • la stigmatisation incessante de certaines catégories (les Français contre les étrangers, les travailleurs contre les assistés, le privé contre le public, les enseignants contre les parents d’élèves, le peuple contre les corps intermédiaires etc),
  • l’utilisation du clivage systématique comme arme politique,
  • le cynisme poussé à son paroxysme à travers l’ultra-droitisation des thèmes de campagne pour récupérer les voix du Front National,
  • et de manière générale cette stratégie des écrans de fumée pour éviter d’avoir à répondre aux vraies questions (le bilan; les affaires Karachi, Kadhafi, Bettencourt).

Mais en fait non, on pouvait encore descendre plus bas sur l’échelle de Sarkozy.

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Roquet Balboa et Frère Tuck sont dans un bateau… qui coule

Que voila une bien intéressante et bien instructive information. La Dépêche publie aujourd’hui un sondage BVA à propos du 1er ministre préféré des Français en cas de victoire de la gauche ou au contraire de la droite aux présidentielles.

Les premiers ministrables préférés des Français, illustration La Dépêche

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Frédéric Lefebvre ou la prise de pouvoir des philosophes dans la campagne de Sarkozy

Bon, autant vous le dire tout de suite : ce billet ne casse pas trois pattes à un canard, ni même deux neurones à un jeune de l’UMP. Et il ne révolutionnera pas l’analyse politique par sa subtilité ou sa perspicacité. Bref, ce n’est pas avec ça que j’entrerai au Panthéon des observateurs politiques.

Mais, parce qu’il y a un mais, quand on peut se moquer, pourquoi se priver de rire à gorge déployée ? Ma cible aujourd’hui ? Frédéric Lefebvre alias Frédéric Rac, la boite à idées officielle du président sortant.

On vante souvent l’intelligence tactique de l’équipe de campagne de Nicolas Sarkozy, qui serait composée de spin doctors brillantissimes (P. Buisson, P. Giacometti, E. Mignon, G. Peltier…) capables de sortir leur champion de n’importe quelle ornière électorale. On verra au soir du 6 mai.

Mais on se trompe. Le véritable génie est ailleurs. Le football a Lionel Messi, le tennis Roger Federer, le basket Tony Parker. Et en termes de stratégie politique, il y aura désormais un avant et un après Frédéric Lefebvre.

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Le courage politique de Nicolas Sarkozy expliqué à mes enfants

Monsieur le candidat de la droite décomplexée,

Ainsi donc, suite au 1er tour de la présidentielle qui vous a placé en finale contre votre adversaire socialiste François Hollande, vous nous et lui proposez 3 débats afin de montrer au monde entier que votre usine à testostérone tourne à plein régime. La bataille du candidat normal contre le candidat hormonal en somme.

Quelle bonne nouvelle. Quand j’ai voulu expliquer à mes deux enfants les raisons et les modalités de l’élection présidentielle, j’ai ainsi pu leur démontrer que les notions de projet, de programme, d’engagement, de propositions, de cohérence, de vision pour le pays etc… n’avaient de fait aucune espèce d’importance car seul compte le combat final où les adversaires se battent jusqu’à l’implosion télévisuelle du plus faible.

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