Sarkozy 2012 : le roi est mort, vive le roi… ou la mise en scène du pouvoir personnel

Étonnante coloration choisie par Nicolas Sarkozy pour sa campagne présidentielle. Sa déclaration de candidature au JT de TF1 et plus encore, son discours lors de son premier meeting à Annecy, ont en effet mis l’accent sur sa volonté de se présenter comme le candidat du peuple contre « les élites politiques, économiques, administratives ou syndicales qui confisquent le pouvoir ».

Comme preuve de sa bonne foi, il apporte dans la corbeille de la mariée des promesses de référendum à la pelle, outil ultime permettant ce legs. Est-il utile de rappeler que, sur ce point, il n’hésita néanmoins pas en 2007 à bafouer le référendum sur la constitution européenne de 2005, pour lequel le peuple français avait voté NON à 55%, en engageant une ratification parlementaire du traité de Lisbonne, et qu’il faillit tomber de l’armoire quand il apprit que le Premier ministre grec Georges Papandréou émettait l’idée de consulter son peuple par le même biais le 27 octobre 2011

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Un bon ouvrier est un ouvrier qui prend bien la lumière

Nicolas Sarkozy se présente comme le candidat du peuple contre les élites, le candidat hors du système, déclarant lors d’un meeting à Annecy le 16 février 2012 :

« J’ai pu mesurer pendant cinq ans à quel point les corps intermédiaires font écran entre le peuple et le gouvernement : les syndicats, les partis, les groupes de pression, les experts, les commentateurs, tout le monde veut parler à la place du peuple sans jamais se soucier de ce que le peuple veut, de ce qu’il pense et de ce qu’il décide, comme si le peuple n’était pas assez intelligent, pas assez raisonnable (…). De l’entre-soi des élites politiques, des élites économiques, des élites administratives, des élites syndicales, il ne sort que des compromis boiteux et au final, il ne sort que l’immobilisme. »

La première chose qui nous envahit en entendant Nicolas Fouquet’s Sarkozy s’ériger en ardent défenseur du peuple, c’est une certaine forme d’incompréhension. A titre de comparaison :

  • Aurait-on demandé à Eric Di Meco ou Carlos Mozer, à l’époque de la grande équipe de l’OM des années 80-90, de militer en faveur de l’abrogation du tacle assassin dans le football ?
  • Penserait-on à Nadine Morano pour réécrire le Bescherelle ou nous représenter à un concours international des « Chiffres et des lettres » ?
  • Nous effleurerait-il l’esprit que les frères Bogdanoff puissent un jour faire la publicité d’une crème de jour ?
  • Mandaterait-on Christian Vanneste pour organiser la prochaine gay pride ?
  • Songerait-on à engager François Fillon pour animer un enterrement de vie de garçon ?
  • Oserait-on proposer à Jean-François Copé de toucher moins de 5000 €/mois au risque de devenir un minable ?

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